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19 décembre 2021

 

ARCHITECTURES ET PRATIQUES FUNERAIRES DE L’AGE DU BRONZE EN BRETAGNE

Quelles nouvelles du monde des morts ?

par Stéphane BLANCHET

 

Stéphane BLANCHET, Ingénieur, chargé de recherche à l’INRAP GO, attaché à l’UMR de Rennes.

Nécropole de la rue du Plateau en cours d’étude (cliché : S. Blanchet, Inrap)

Tombe ayant conservé sa dalle de couverture et tombe en coffre attenante (cliché : S. Blanchet, Inrap)

 

En Bretagne, l’âge du Bronze s’est longtemps singularisé par ses dépôts d’objets métalliques et ses innombrables vestiges funéraires qui ont notamment permis de définir la célèbre « Culture des tumulus armoricains ». Dès le XIXe s. et pendant des décennies, des centaines de tumulus et de tombes en coffre sont ainsi fouillés et documentés par les érudits locaux et les archéologues. A l’instar de ce qui s’est produit pour les monuments mégalithiques du Néolithique, cela va durablement impacter notre tradition de recherches.

Vase funéraire déposé dans un coffre et probablement utilisé comme contenant du corps d’un immature (cliché : S. Blanchet, Inrap)

 

Depuis une vingtaine d’années, le renouvellement de nos connaissances sur l’âge du Bronze a surtout été facilité par l’essor de l’archéologie préventive. Sans conteste, les avancées les plus importantes portent sur l’habitat et plus globalement sur l’occupation du sol qui jusqu’à présent restaient les parents pauvres de la période. Cependant la sphère funéraire n’a pas été délaissée pour autant. S’il est bien établi que la grande majorité des tumulus et des tombes en coffre sont attribués au Bronze ancien (entre 2300 et 1600 avant notre ère), nous ne connaissions presque rien des architectures et des pratiques funéraires du Bronze moyen et du Bronze final. Les fouilles préventives et les approches extensives sont venues combler cette lacune chronologique et transfigurer nos connaissances en mettant notamment en évidence des vestiges funéraires jusqu’ici mal connus : les sépultures à incinérations et les enclos à fossé circulaire.

Deux tombes en cours d’étude. Dans celle de gauche, nous distinguons les membres inférieurs d’un individu adulte inhumé en position fœtale (cliché : S. Blanchet, Inrap)

 

Ces données nouvelles permettent aujourd’hui de présenter un tableau beaucoup plus complet de l’évolution des vestiges et des pratiques funéraires de l’âge du Bronze armoricain. Les progrès réalisés au niveau des datations 14C offrent quant à eux un séquençage bien plus précis des différents épisodes. Diverses pistes de réflexion ont également émergé de ces découvertes. Ainsi, en regard des tumulus armoricains dont on peut supposer que certains témoignent – par leur monumentalité ou la richesse des viatiques associés – d’une stratification de la société, les changements funéraires que l’on observe à partir du Bronze moyen nous conduisent à nous demander s’ils traduisent des mutations du système spirituel, du système social ou économique. Dans ce cadre, le regard croisé avec les habitats ou encore les productions matérielles est également intéressant. Il permet effectivement de repenser l’âge du Bronze armoricain dans une perspective plus globale et offre une bien meilleure perception des différentes dynamiques culturelles et des différents changements qui ont touché la région entre le milieu du IIIe millénaire et le début du Ier millénaire avant notre ère.

Tombe en coffre de pierre (cliché : S. Blanchet, Inrap)

 


Commande du nouveau bulletin étude n°30 (2020) de la SNP
par Solène BOURDIN-LAUNAY

LES PEUPLEMENTS NÉANDERTALIENS
DE VENDÉE
Apport de l’étude de la collection Blondiaux

Bon de commande

Les peuplements préhistoriques de Vendée ont été peu étudiés et restent mal connus. Ce Bulletin-Etude n°30 met en lumière l’important travail d’étude, réalisé par l’archéologue Solène Bourdin-Launay, d’une importante collection d’artefacts lithiques préhistoriques, glanés en surface durant des décennies par Laurent Blondiaux, un prospecteur passionné.

Cet ensemble de plusieurs milliers de pièces, confié à l’Historial de la Vendée, lui a permis de recueillir des informations inédites sur les peuplements anciens, et inventorier une quinzaine de sites paléolithiques, dans 19 communes. C’est ainsi que l’industrie moustérienne du site des Noues Malatiers constitue une nouvelle référence pour la connaissance du Paléolithique moyen.

Le croisement des données de la géologie et de la topographie, avec celles fournies par les industries, ouvre des voies de réflexion, jusqu’alors inédites, quant aux implantations et éventuelles stratégies opérées par les Hommes sur des territoires situés à l’interface des bassins sédimentaires parisien et aquitain, où les ressources en matières premières taillables sont inégalement présentes.

Cette étude a aussi permis la déclaration de sites bien localisés, donc de mieux les protéger et ouvre de nouvelles perspectives de recherche pour la connaissance du patrimoine archéologique du département.