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Nous vous donnons rendez-vous,
pour les prochaines réunions

dans l'amphithéâtre
du Muséum d'Histoire Naturelle
de Nantes (9h30 – 12h00)

stand de la SNP
Journées du Patrimoine
les 18 et 19 septembre 2021

L'abbé Breuil une certaine représentation de la préhistoire

« L'abbé Henri Breuil (1877-1961).

Celui qui se surnommait non sans humour le Pape de la Préhistoire fait partie de la deuxième génération de préhistoriens français, qui a fait de la jeune ethnologie préhistorique une science à part entière. Très populaire, professeur à l'Institut de paléontologie humaine dès 1910, il accédera à la consécration lors de son élection au Collège de France, en 1929. Une large part de son œuvre scientifique considérable est consacrée à l'art des cavernes. L'abbé Breuil a étudié la plupart des sites connus à l'époque, qu'il se vantait de connaître comme sa propre chambre. Durant 60 ans, entre 1898 et 1958, il les parcourut inlassablement, amassant une masse documentaire impressionnante, qu'il résumera en 1952 dans son ouvrage Quatre cents siècles d'art pariétal*»

 

L'abbé Breuil a notamment réalisé les premiers relevés de l'art rupestre dans les grottes d'Altamira et de Fond-de-Gaume. Son travail, à la rencontre de la science et de l'art, est marqué par sa rigueur scientifique, mais, n'ayant pu échapper aux canons de l'art de ce début du vingtième siècle, ses relevés, qui souffrent d’une certaine interprétation marqueront la représentation de l'art préhistorique, tant chez le grand public, que dans la communauté scientifique.

Nous pourrons discuter de cette question, lors des journées du patrimoine, à notre stand où nous exposerons des reproductions de ces relevés récemment acquises grâce à un don fait à notre Association, la Société Nantaise de Préhistoire.

Loup – Font-de-Gaume – Relevé Breuil. Domaine public 1915.

 

*Romain PIGEAUD, 30 novembre 1999, POUR LA SCIENCE N° 349 novembre 2006.

Romain Pigeaud est docteur en Préhistoire, spécialiste de l'art paléolithique, rattaché au Département de Préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle de Paris.) et associé à l'UMR 6566 du CNRS (Rennes).

 


le 17 Octobre 2021

Préhistoire de l'archipel Houat-Hoedic :

un terrain d'investigation privilégié

Jean-Marc Large

 

L'auteur, Jean-Marc Large, est archéologue, chercheur associé à l'Université de Rennes-1., Responsable d'opération archéologique depuis 40 ans. Il a particulièrement étudié les conditions de vie des premiers paysans du Néolithique grâce à des fouilles programmées réalisées dans l'ouest de la France, en Vendée et en Bretagne. Arrivé à Hoedic en 2001, il a parcouru les deux îles à la recherche des traces de la Préhistoire récente et a fouillé notamment les files de pierres dressées du Douet et de Groah Denn, toutes deux à Hoedic.

 

Houat et Hoedic sont deux perles de l'Atlantique nord. Au-delà de cette caractéristique très axée actuellement sur le tourisme, elles offrent au regard une histoire extrêmement riche et surtout très ancienne. Dès les années 1920, les premiers archéologues ont fait connaître un fragment de ce profond passé, ce qui a tout de suite eu un retentissement international. Le point d'orgue de ces découvertes a été la mise en évidence d'un cimetière mésolithique, époque des derniers chasseurs-cueilleurs de la fin du 6è millénaire avant notre ère, avant que les premières sociétés agrico-pastorales n'y laissent aussi leurs traces. En ce début du XXè siècle, la science archéologique n'avait pas encore atteint le degré de technicité qu'elle a aujourd'hui. Mais, déjà, les époux Péquart qui ont entrepris de lever le voile de ce passé ancien, développaient, pour l'époque, des méthodes de travail très novatrices. Les résultats ont alors été à la hauteur de leur espoir. Ce cimetière des derniers chasseurs-cueilleurs a livré les restes particulièrement bien conservés de 12 individus déposés dans 9 tombes avec leur dépôts funéraires d'accompagnement.

 

Ces îles, véritables conservatoires archéologiques, ont connu aussi d'autres occupations par la suite. Les premiers agriculteurs se sont installés il y a 6500 ans et ont laissé de nombreux monuments mégalithiques dont certains ont été étudiés très récemment. Dolmens et menhirs parsèment les deux îles et certains îlots. L'étude de deux files de pierres dressées à Hoedic, le Douet et Groah Denn, a livré les plus anciennes dates de mises en place de blocs érigés verticalement. Dans la première moitié du 5è millénaire avant notre ère, à l'emplacement de certaines des activités des derniers chasseurs-cueilleurs, les premiers Néolithiques ont mis en scène un territoire insulaire qui n'avait pas alors la même configuration que maintenant. La remontée progressive du niveau de la mer n'avait pas encore atteint celui que l'on connait actuellement, les deux îles étaient jointes par une grande dépression émergée lors des basses marées. De ce début du 5è millénaire, on ne connait que des architectures symboliques, pas d'habitats. Les files de pierres dressées ponctuaient un paysage qui devait avoir alors un véritable sens : rochers, couloirs d'érosion marine, étangs rétro-littoraux représentaient des particularités intégrées dans leurs mythes. Il en est de même pour les astres et le soleil en particulier, puisque la file du Douet est alignée sur le lever du soleil au solstice d'été. Les files de pierres levées étaient des monuments très dynamiques, évoluant au fil du temps et présentant des dépôts cultuels à la base de certains blocs. Plus tard, au tournant du milieu du 5è millénaire, les dolmens verront leur apparition sur l'île. Ils ne sont pas spectaculaires et souvent ruinés, mais ils indiquent la forte occupation de ces îles pour célébrer le culte des morts et marquer le paysage.

Hoedic-Douet-2007-NM : La file de pierres dressées du Douet à Hoedic, fouillée entre 2004 et 2008, a livré d'importants indices sur l'origine du phénomène mégalithique dans la région de Carnac
(cliché Nick Mather, Musée de Carnac).

 

Ce n'est qu'à la fin du 4è millénaire que les peuples néolithiques changeront de stratégie : de symbolique, les aménagements deviendront fonctionnels tout en gardant une petite part de symbole. La maîtrise du couloir de circulation du Mor Bras, la volonté de diversifier leur matière première (silex) et la quête de nouvelles ressources culinaires seront les moteurs de ces occupations. Avec l'apparition de la métallurgie, les traces de l'occupation sur ces îles sont plus diffuses mais présentent tout de même un grand intérêt à la fois sur le plan fonctionnel comme sur le plan symbolique. Il faudra ensuite attendre la présence gauloise, à la toute fin du 1er millénaire avant notre ère, pour voir se développer une activité liée à l'artisanat du sel…

 

Les îles se sont toujours inscrites dans un réseau de communication avec le continent, et ceci dès le Mésolithique, ce qui ne cessera d'être leur vocation par la suite…

Hoedic-Port Louit-2003-Aérienne-PB : Le dolmen de Port Louit situé sur la côté ouest d'Hoedic est caractéristique de ces petites chambres funéraires mégalithiques qui parsèment la région du pourtour de la Baie de Quiberon (cliché Pierre Buttin, Melvan).

 


Commande du nouveau bulletin étude n°30 (2020) de la SNP
par Solène BOURDIN-LAUNAY

LES PEUPLEMENTS NÉANDERTALIENS
DE VENDÉE
Apport de l’étude de la collection Blondiaux

Bon de commande

Les peuplements préhistoriques de Vendée ont été peu étudiés et restent mal connus. Ce Bulletin-Etude n°30 met en lumière l’important travail d’étude, réalisé par l’archéologue Solène Bourdin-Launay, d’une importante collection d’artefacts lithiques préhistoriques, glanés en surface durant des décennies par Laurent Blondiaux, un prospecteur passionné.

Cet ensemble de plusieurs milliers de pièces, confié à l’Historial de la Vendée, lui a permis de recueillir des informations inédites sur les peuplements anciens, et inventorier une quinzaine de sites paléolithiques, dans 19 communes. C’est ainsi que l’industrie moustérienne du site des Noues Malatiers constitue une nouvelle référence pour la connaissance du Paléolithique moyen.

Le croisement des données de la géologie et de la topographie, avec celles fournies par les industries, ouvre des voies de réflexion, jusqu’alors inédites, quant aux implantations et éventuelles stratégies opérées par les Hommes sur des territoires situés à l’interface des bassins sédimentaires parisien et aquitain, où les ressources en matières premières taillables sont inégalement présentes.

Cette étude a aussi permis la déclaration de sites bien localisés, donc de mieux les protéger et ouvre de nouvelles perspectives de recherche pour la connaissance du patrimoine archéologique du département.